La réponse en 30 secondes Mis à jour le 18 août 2026
L’isolation des combles perdus d’abord : 20 à 35 €/m², soit 1 600 à 2 800 € pour 80 m², pour un gain de 40 à 70 kWh EP/m²/an et souvent une à deux classes gagnées. Vient ensuite le remplacement du système de chauffage, une pompe à chaleur air/eau à 10 000-16 000 €, décisive sur les émissions de CO₂. Puis l’isolation des murs par l’extérieur, 9 000 à 18 000 €. Les fenêtres et le plancher bas arrivent en dernier, 10 à 20 kWh EP/m²/an chacun. Sur une maison de 90 m² classée G, comptez 15 000 à 25 000 € après aides pour atteindre la classe D, 30 000 à 45 000 € bruts pour viser la classe C. MaPrimeRénov’ finance jusqu’à 75 % du coût pour les ménages aux revenus très modestes.
Pourquoi 2026 est-il un moment décisif pour votre DPE ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location en France métropolitaine (article 160 de la loi Climat et Résilience n°2021-1104). En 2028, cette interdiction s’étendra aux logements classés F. La pression réglementaire pèse donc sur les propriétaires bailleurs, mais aussi sur les vendeurs : un bien classé E ou F se négocie désormais avec une décote mesurable, et les acquéreurs conditionnent de plus en plus leurs offres à l’obtention d’aides ou à des travaux préalables.
Par ailleurs, la réforme du DPE en 2026 a introduit des ajustements dans la méthode de calcul, notamment pour les petites surfaces et les logements construits avant 1975. Ces corrections peuvent modifier la classe d’un logement sans aucun travaux, à la hausse comme à la baisse. Avant d’engager quoi que ce soit, vérifiez si votre DPE actuel reste valide et si une simple mise à jour réglementaire ne modifierait pas déjà votre situation (voir notre article sur la validité du DPE en 2026).
Pour la grande majorité des logements construits avant 1990, l’amélioration du score DPE passe malgré tout par des travaux. Cet article identifie les gestes les plus efficaces, dans le bon ordre, avec des chiffres concrets.
Comment le score DPE est-il calculé ?
Le DPE repose sur la méthode 3CL (Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements), définie par l’arrêté du 31 mars 2021. Il produit deux indicateurs :
- La consommation d’énergie primaire (en kWh/m²/an), qui détermine la classe énergétique de A à G.
- Les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO₂eq/m²/an), qui détermine la classe climatique de A à G.
La classe finale attribuée au logement est la moins bonne des deux classes. Ainsi, un logement consommant peu d’énergie primaire mais chauffé au fioul (émissions élevées) peut se retrouver classé F ou G malgré une enveloppe correcte.
Les seuils en vigueur depuis 2021, confirmés pour 2026 :
| Classe | Consommation (kWh EP/m²/an) | Émissions (kg CO₂eq/m²/an) |
|---|---|---|
| A | ≤ 70 | ≤ 6 |
| B | 71 à 110 | 7 à 11 |
| C | 111 à 180 | 12 à 30 |
| D | 181 à 250 | 31 à 50 |
| E | 251 à 330 | 51 à 70 |
| F | 331 à 420 | 71 à 100 |
| G | > 420 | > 100 |
Pour améliorer votre classe DPE, il faut agir sur les déperditions de l’enveloppe (isolation) et/ou le système de chauffage et d’eau chaude sanitaire (énergie et émissions).
À quoi ressemble concrètement une maison classée G ?
Prenons une maison individuelle représentative du parc français : 90 m², construction de 1975, murs en parpaings de 20 cm sans isolation, toiture avec combles perdus non isolés, fenêtres simple vitrage, chaudière fioul de 15 ans. DPE initial : classe G, 480 kWh EP/m²/an, 135 kg CO₂eq/m²/an.
Cette configuration est emblématique des quelque 1,5 million de logements classés G recensés en France. L’objectif réaliste selon le budget et le calendrier : atteindre la classe D (250 kWh EP/m²/an) pour pouvoir louer légalement jusqu’en 2028, ou viser la classe C pour valoriser le bien à la revente.
Quels travaux améliorent le plus la classe DPE ?
Dans cet ordre : l’isolation des combles perdus, le remplacement du système de chauffage, l’isolation des murs par l’extérieur, puis les fenêtres et le plancher bas.
1. Isolation des combles perdus (priorité absolue)
Les combles non isolés représentent 25 à 30 % des déperditions thermiques d’une maison de 1975. C’est le geste le moins coûteux et le plus rapide à mettre en œuvre.
Sur notre maison de 90 m² avec combles de 80 m² :
- Coût moyen 2026 (pose comprise, laine soufflée) : 20 à 35 EUR/m², soit 1 600 à 2 800 EUR.
- Gain observé sur le DPE : 40 à 70 kWh EP/m²/an, soit un saut d’une à deux classes.
- Aides mobilisables : MaPrimeRénov’ geste par geste (jusqu’à 75 % du coût pour les ménages aux revenus très modestes), certificats d’économies d’énergie (CEE).
Après ce seul geste, notre maison type passe de G (480) à F (410 kWh EP/m²/an). Insuffisant pour louer légalement, mais c’est la base incontournable avant tout autre investissement.
2. Remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur
C’est le levier le plus puissant sur les émissions de CO₂, le second indicateur du DPE. Une chaudière fioul émet environ 324 g CO₂/kWh contre 56 g CO₂/kWh pour l’électricité nationale (facteur ADEME 2024). Une PAC air/eau avec COP de 3 divise par environ 6 les émissions par rapport au fioul.
Sur notre maison de 90 m² :
- Coût moyen PAC air/eau 2026 (fourniture + pose) : 10 000 à 16 000 EUR.
- Gain sur les émissions : passage de 135 à environ 25 kg CO₂eq/m²/an.
- Gain sur la consommation primaire : variable selon le COP et le coefficient d’énergie primaire (1,9 pour l’électricité depuis le 1er janvier 2026, contre 2,3 auparavant), mais le gain net en kWh EP peut rester limité si l’enveloppe n’est pas isolée.
- Aides mobilisables : MaPrimeRénov’ jusqu’à 5 000 EUR selon les revenus du foyer, prime CEE.
Point d’attention : la PAC seule, sans isolation du bâti, peut alourdir la facture réelle si la maison est très déperditrice. Elle est indispensable pour réduire les émissions, mais doit idéalement être couplée à l’isolation.
Combiné à l’isolation des combles, notre maison type atteint environ D (230 kWh EP/m²/an, 25 kg CO₂eq/m²/an). L’objectif minimal pour louer légalement jusqu’en 2028 est atteint.
3. Isolation des murs par l’extérieur (ITE)
Les murs représentent 20 à 25 % des déperditions. L’ITE est le geste le plus coûteux, mais aussi le plus durable et le plus valorisant pour le patrimoine.
| Procédé | Coût moyen 2026 (EUR/m² de mur) | Gain DPE (kWh EP/m²/an) |
|---|---|---|
| Enduit isolant (épaisseur 10 cm) | 100 à 160 EUR/m² | 20 à 35 |
| Bardage avec laine de roche | 120 à 200 EUR/m² | 25 à 40 |
| ITE polystyrène expansé | 80 à 140 EUR/m² | 20 à 30 |
Pour 90 m² de murs (périmètre typique d’une maison de 90 m²) : budget de 9 000 à 18 000 EUR. MaPrimeRénov’ finance jusqu’à 75 % du coût pour les ménages aux revenus très modestes (catégorie “bleu” ANAH).
Ajouté aux deux gestes précédents, notre maison type atteint environ C (160 kWh EP/m²/an). La valorisation à la revente devient alors significative.
4. Remplacement des fenêtres (impact modéré, à ne pas surestimer)
Les fenêtres simple vitrage représentent 10 à 15 % des déperditions. Leur remplacement par du double vitrage est souvent le premier réflexe des propriétaires, mais c’est rarement le geste le plus rentable en termes de gain DPE.
- Coût moyen 2026 : 500 à 900 EUR par fenêtre posée (menuiserie PVC ou aluminium, double vitrage).
- Gain DPE pour 90 m² : 10 à 20 kWh EP/m²/an, rarement suffisant pour changer de classe à lui seul.
- Aides : MaPrimeRénov’ (geste fenêtres plafonné, soumis à conditions de ressources), CEE.
Ce geste est pertinent en complément, notamment pour le confort thermique d’été et la réduction des ponts thermiques, mais ne doit pas être priorisé avant les combles ou le système de chauffage.
5. Isolation du plancher bas
Souvent négligé, le plancher bas (dalle ou vide sanitaire) représente 7 à 10 % des déperditions dans une maison de 1975.
- Coût moyen 2026 : 2 000 à 5 000 EUR pour 90 m² (selon accessibilité du vide sanitaire).
- Gain DPE : 10 à 20 kWh EP/m²/an.
- Aides mobilisables : MaPrimeRénov’ jusqu’à 75 % pour les revenus très modestes.
Ce geste est à intégrer dans un programme global plutôt qu’à réaliser isolément.
Avant de chiffrer le moindre devis, commencez par le levier gratuit : si le logement est chauffé à l’électricité, le nouveau coefficient de janvier 2026 améliore peut-être déjà votre classe. Le simulateur DPE 2026 donne le verdict en quelques clics, avant travaux.
Combien coûte chaque geste et que rapporte-t-il au DPE ?
De 1 600 € pour l’isolation des combles perdus à 18 000 € pour une isolation des murs par l’extérieur, avec des gains de 10 à 70 kWh EP/m²/an selon le poste.
| Geste | Coût brut moyen (90 m²) | Gain DPE (kWh EP/m²/an) | Aide max MaPrimeRénov’ |
|---|---|---|---|
| Isolation combles perdus | 1 600 à 2 800 EUR | 40 à 70 | Jusqu’à 75 % |
| PAC air/eau | 10 000 à 16 000 EUR | Variable (émissions ++) | Jusqu’à 5 000 EUR |
| ITE (murs ext.) | 9 000 à 18 000 EUR | 20 à 40 | Jusqu’à 75 % |
| Remplacement fenêtres | 4 000 à 9 000 EUR | 10 à 20 | Plafonné, conditions |
| Isolation plancher bas | 2 000 à 5 000 EUR | 10 à 20 | Jusqu’à 75 % |
Sources : grilles tarifaires ANAH 2026, ADEME, observatoires régionaux des travaux.
Important : les montants MaPrimeRénov’ cités sont les plafonds pour les ménages aux revenus très modestes (catégorie “bleu”). Les ménages aux revenus intermédiaires ou supérieurs bénéficient de taux réduits. Le simulateur officiel est disponible sur maprimerenov.gouv.fr.
Parcours accompagné ou gestes isolés : quelle stratégie adopter ?
Le parcours accompagné, dès qu’il s’agit de passer de G à D ou de G à C. Depuis 2024, MaPrimeRénov’ distingue deux parcours :
- Gestes par geste : pour des travaux isolés (un seul poste), sans obligation d’audit. Les aides sont versées par action réalisée.
- Parcours accompagné : pour les rénovations d’ampleur visant un saut d’au moins deux classes, avec audit énergétique obligatoire préalable (coût : 500 à 1 200 EUR, partiellement pris en charge) et accompagnement par un opérateur agréé Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR). Ce parcours ouvre droit à des bonus et à des plafonds d’aide plus élevés.
Pour passer de G à D ou de G à C, le parcours accompagné est généralement plus avantageux financièrement, malgré la complexité administrative supplémentaire. Il garantit aussi la cohérence technique du projet (ordre des travaux, compatibilité des systèmes, évitement des pathologies du bâti liées à une isolation mal séquencée).
Que doit vérifier votre diagnostiqueur avant de refaire le DPE ?
Une fois les travaux achevés, faire établir un nouveau DPE est indispensable pour que l’amélioration soit opposable lors d’une location ou d’une vente. Le diagnostiqueur certifié devra :
- Accéder aux justificatifs des travaux : factures avec mention RGE, certificats de conformité, fiches techniques des isolants (résistance thermique R en m².K/W).
- Saisir les nouvelles caractéristiques dans le logiciel de calcul 3CL : épaisseur et nature de l’isolant, type de menuiseries, classe de la PAC (COP certifié).
- Transmettre le DPE à l’ADEME pour enregistrement dans la base de données nationale (obligation réglementaire, numéro d’identifiant généré automatiquement).
Un DPE réalisé sans prise en compte des travaux, ou basé sur des données non justifiées, est susceptible d’être contesté. La responsabilité du diagnostiqueur est engagée sur dix ans (article 1792-4-3 du Code civil, par analogie avec les garanties décennales, confirmée par plusieurs décisions de jurisprudence récente).
Quel budget prévoir pour passer de G à D ou à C ?
15 000 à 25 000 € après aides pour atteindre la classe D, 30 000 à 45 000 € bruts pour viser la classe C. Améliorer la classe énergétique d’un logement de 1975 représente un projet structurant, mais les outils financiers existent pour le rendre accessible. La hiérarchie des travaux est claire : combles d’abord, système de chauffage ensuite, enveloppe complète en troisième étape. Pour une maison de 90 m² classée G, un budget de 15 000 à 25 000 EUR après aides permet d’atteindre la classe D ; un budget brut de 30 000 à 45 000 EUR peut viser la classe C.
Attendre 2027 pour agir expose à trois risques cumulés : une interdiction de location déjà effective pour les logements G, une décote croissante à la vente, et des délais de travaux allongés par l’engorgement des entreprises RGE. Les aides publiques de 2026 restent significatives, mais leur pérennité au-delà de 2027 n’est pas garantie par les textes actuels.
Sources
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