Diag Malin
Illustration : Réforme DPE 2026 : ce qui change vraiment pour votre logement

Réforme DPE 2026 : ce qui change vraiment pour votre logement

Le DPE change au 1er janvier 2026 : un nouveau coefficient électricité peut faire grimper votre classe. Comprendre l'impact en 3 minutes, sans jargon.

Mis à jour le 14 novembre 2025 · Rédaction Diag Malin

Ce qui change au 1er janvier 2026 : l’essentiel en 2 minutes

Au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité finale en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9 (ecologie.gouv.fr). C’est, sur le papier, un ajustement technique. Dans les faits, il peut faire basculer plusieurs centaines de milliers de logements d’une classe DPE à une autre — sans qu’un seul radiateur n’ait été remplacé.

La réforme ne touche ni les seuils des classes énergétiques, ni le calendrier des interdictions de location prévu par la loi Climat & Résilience. Elle modifie uniquement la façon dont l’électricité consommée chez vous est traduite en énergie primaire dans le calcul officiel. Conséquence : pour les logements chauffés à l’électricité, l’étiquette peut s’améliorer mécaniquement.

Cet article répond à trois questions concrètes : votre logement est-il concerné, faut-il refaire votre DPE, et que faire si vous vendez ou louez en 2026.

Le coefficient de conversion électricité : de 2,3 à 1,9

Le coefficient sert à convertir l’électricité finale (ce que mesure votre compteur) en énergie primaire (l’énergie nécessaire pour produire cette électricité, en intégrant les pertes du réseau et de production). Plus il est élevé, plus la consommation affichée au DPE grimpe.

Jusqu’au 31 décembre 2025, ce coefficient est de 2,3. À partir du 1er janvier 2026, il sera de 1,9 (ecologie.gouv.fr). La baisse reflète l’évolution réelle du mix électrique français, davantage décarboné qu’au moment où le coefficient avait été fixé.

Pourquoi cette modification change les étiquettes

Le calcul est arithmétique : (2,3 − 1,9) / 2,3 = 17,4 % de baisse mécanique de la consommation primaire calculée pour un logement chauffé à l’électricité. Les seuils des classes, eux, ne bougent pas (service-public.gouv.fr) :

ClasseSeuil (kWh ep/m²/an)
A≤ 70
B71 – 110
C111 – 180
D181 – 250
E251 – 330
F331 – 420
G≥ 421

Un logement électrique affiché à 380 kWh ep/m²/an (classe F) en 2025 sera recalculé à environ 314 kWh ep/m²/an en 2026 — soit la classe E. Mais cette bascule n’est pas automatique : elle ne s’applique qu’à un DPE refait après le 1er janvier 2026.

Qui est concerné — et qui ne l’est pas

Logements chauffés à l’électricité : l’effet peut être décisif

Tous les logements dont le chauffage principal fonctionne à l’électricité bénéficient du recalcul : convecteurs, panneaux rayonnants, plancher chauffant électrique, radiateurs à inertie, pompes à chaleur, chauffe-eau électrique. C’est ici que la réforme produit ses effets concrets.

Marc, propriétaire d’un T3 de 1985 à Limoges chauffé à l’électricité, classé F à 360 kWh ep/m²/an : son recalcul théorique le place autour de 297 kWh ep/m²/an, donc en classe E. À condition de refaire son DPE après janvier 2026.

Gaz, fioul, bois : aucun changement à attendre

Si votre chauffage principal est une chaudière gaz, une chaudière fioul, un poêle ou une chaudière à bois, la réforme ne change rien à votre étiquette. Le coefficient de ces énergies est et reste de 1 (l’énergie finale est égale à l’énergie primaire pour les combustibles). Pour ces logements, seule une rénovation énergétique réelle modifiera la classe DPE.

Chauffage mixte : comment estimer son cas

Pour un logement avec deux sources de chauffage (poêle à bois en appoint d’un chauffage électrique principal, par exemple), seule la part électrique est concernée par le recalcul. L’effet sur la classe finale dépend du poids relatif de chaque énergie dans la consommation totale. Un nouveau DPE est le seul moyen d’avoir une réponse fiable — un calcul “à la main” donne au mieux une estimation.

Votre DPE actuel est-il encore valable après 2026 ?

La règle des 10 ans reste inchangée

Un DPE est valable 10 ans à compter de sa date d’édition (service-public.gouv.fr), et la réforme du coefficient ne raccourcit pas cette durée. Un DPE réalisé en 2022 reste juridiquement valide jusqu’en 2032, qu’il ait été calculé avec le coefficient 2,3 ou non.

Conséquence importante : un DPE ancien ne sera pas automatiquement reclassé au 1er janvier 2026. Il garde sa classe d’origine. Pour profiter du nouveau calcul, vous devez commander un nouveau DPE auprès d’un diagnostiqueur certifié.

Refaire son DPE : quand ça vaut le coup, quand ça ne sert à rien

Le coût d’un nouveau DPE en 2026 se situe entre 100 et 250 € selon la zone géographique et le professionnel choisi (ecologie.gouv.fr). La visite dure une demi-journée, le document est remis sous 2 à 5 jours ouvrés.

Le refaire vaut le coup si : chauffage électrique + classe F ou G + projet de location ou de vente après janvier 2026.

Cela ne sert à rien si : chauffage gaz/fioul/bois (aucun gain possible), ou DPE déjà classé A à D (gain marginal sans enjeu réglementaire).

Le détail des sept classes et de leur logique de calcul est expliqué dans notre guide des classes énergétiques DPE.

Ce que la réforme ne change pas : le calendrier des interdictions

Interdictions de location : rappel du calendrier 2025-2034

La loi Climat & Résilience du 22 août 2021 fixe un calendrier qui n’est pas modifié par la réforme du coefficient (legifrance.gouv.fr) :

DateClasse interdite à la locationLogements concernés
1er janvier 2023G+ (> 450 kWh ep/m²/an)~140 000
1er janvier 2025G~600 000
1er janvier 2028F~1,2 million
1er janvier 2034E~2,8 millions

L’interdiction concerne les nouveaux baux et les renouvellements ; un locataire déjà en place peut rester (service-public.gouv.fr). Le détail des règles bail par bail est traité dans notre calendrier complet des interdictions de location.

Vente d’un bien F ou G : l’audit énergétique reste obligatoire

L’audit énergétique réglementaire à la vente, instauré pour les F et G en avril 2023, a été étendu aux logements classés E depuis le 1er janvier 2025 (en monopropriété, service-public.gouv.fr). La réforme du coefficient ne l’abroge pas. Si votre bien reste classé E, F ou G après recalcul, l’audit (800 à 1 500 €, valide 5 ans) devra figurer au dossier de vente. Voir notre page dédiée à l’audit énergétique obligatoire.

Le gel des loyers F et G : déjà en vigueur depuis 2022

Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements F et G sont gelés : interdiction d’augmenter le loyer entre deux baux, à la révision annuelle ou lors d’un renouvellement (ecologie.gouv.fr). Cette mesure reste applicable tant que le logement est classé F ou G — y compris si le DPE date d’avant 2026.

Ce qui change en 2026-2028 : chronologie complète

Janvier 2026 : nouveau coefficient, nouvelles étiquettes possibles

Au 1er janvier 2026, le coefficient 1,9 entre en vigueur. Tout DPE réalisé à partir de cette date intègre le nouveau calcul. Les DPE antérieurs restent valides à leur classe d’origine.

Janvier 2028 : les F rejoignent les G dans l’interdiction de location

Au 1er janvier 2028, les logements classés F deviennent à leur tour interdits à la location, soit environ 1,2 million de logements supplémentaires (legifrance.gouv.fr). C’est l’échéance la plus structurante pour les bailleurs : un F en 2025 doit, soit être passé en E (par recalcul électrique ou travaux), soit changer d’usage (vente, résidence principale, meublé saisonnier de courte durée).

Janvier 2034 : les E concernés à leur tour

Au 1er janvier 2034, l’interdiction s’étend aux logements classés E, soit environ 2,8 millions de logements (legifrance.gouv.fr). À cette date, seuls les biens A à D pourront encore être loués sur le long terme. Les propriétaires bailleurs qui anticipent dès aujourd’hui un objectif “classe D” sécurisent leur bien jusqu’à au moins 2034.

Que faire concrètement selon votre situation

Vous avez un F ou G électrique : calculez d’abord avant de rénover

C’est le cas où l’attentisme rationnel est justifié. Avant d’engager 15 000 ou 30 000 € de travaux, refaites votre DPE après le 1er janvier 2026. Pour 100 à 250 €, vous saurez si le simple recalcul vous fait gagner une ou deux classes. Si vous passez en E avec un objectif de location jusqu’en 2028, vous gagnez du temps. Si vous restez en F ou G, vous saurez que la rénovation est inévitable — et un audit énergétique avec scénarios chiffrés (proposé par des opérateurs comme Hellio ou Effy) permet alors de calibrer précisément les travaux et les aides mobilisables (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ).

Vous avez un F ou G gaz : l’urgence est réelle, les options existent

Pour un bien chauffé au gaz ou au fioul, le recalcul ne s’applique pas. Si vous êtes propriétaire d’un G en location, vous êtes déjà hors-la-loi pour tout nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. Trois options :

  1. Travaux de rénovation : le parcours MaPrimeRénov’ Accompagné peut couvrir jusqu’à 90 % du coût pour les profils modestes
  2. Vente du bien : le marché des passoires existe, avec une décote couramment observée de 5 à 15 %
  3. Bascule en meublé saisonnier de courte durée (< 4 mois/an), exempté du dispositif passoire — mais soumis à d’autres règles (loi Le Meur 2024, autorisations municipales)

Vous vendez en 2026 : DPE à jour ou risque notaire

À la vente, l’absence de DPE valide n’entraîne pas d’amende automatique, mais le notaire peut refuser de signer l’acte (service-public.gouv.fr). Pour un bien électrique classé F en 2025, refaire le DPE après le 1er janvier 2026 peut transformer l’argument commercial : passer de F à E supprime la mention “passoire thermique” dans l’annonce, allège la perception acheteur et peut limiter la décote. Pour un bien classé E, F ou G, l’audit énergétique reste à fournir.

Points clés à retenir

Ce qui change au 1er janvier 2026 : coefficient électricité de 2,3 à 1,9, soit −17,4 % de consommation primaire calculée pour les logements à chauffage électrique.

Ce qui ne change pas : seuils des classes (A à G), validité 10 ans des DPE, calendrier des interdictions de location (2025/2028/2034), obligation d’audit énergétique à la vente pour E/F/G.

L’action utile : si chauffage électrique + classe F ou G + enjeu vente/location, refaire son DPE après janvier 2026 (100-250 €) avant tout autre investissement.

Pour aller plus loin, consultez notre simulateur DPE 2026 afin d’estimer si votre logement peut changer de classe avec le nouveau coefficient, ou notre vue d’ensemble des diagnostics obligatoires avant vente ou mise en location.

Sources

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Questions fréquentes

Mon DPE actuel va-t-il être automatiquement recalculé au 1er janvier 2026 ?

Non. Un DPE en cours de validité conserve sa classe d'origine, même si le nouveau coefficient donnerait un meilleur résultat. Pour bénéficier du recalcul, vous devez commander un nouveau DPE auprès d'un diagnostiqueur certifié. Comptez 100 à 250 € selon votre région.

Mon logement chauffé à l'électricité est classé G : peut-il passer en F après janvier 2026 ?

C'est possible, mais pas automatique. Le passage dépend de la consommation primaire exacte de votre bien. Si elle se situe entre 421 et environ 510 kWh ep/m²/an avant réforme, le recalcul au coefficient 1,9 pourrait la faire descendre sous 421 et vous faire basculer en F. Un nouveau DPE est nécessaire pour en avoir la certitude.

La réforme 2026 concerne-t-elle les logements chauffés au gaz ou au fioul ?

Non. Le changement de coefficient ne porte que sur l'électricité. Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne verront aucune modification de leur classe DPE du fait de cette réforme. Leur seul levier reste la rénovation énergétique.

Mon logement est classé F électrique : dois-je attendre 2026 avant de le rénover ou de le vendre ?

Si vous envisagez des travaux importants, il est prudent de refaire d'abord le DPE après janvier 2026 : vous pourriez monter en E sans travaux. En revanche, si votre objectif est de louer au-delà de 2028, un classement E ne vous met qu'à l'abri jusqu'à 2034 — évaluez si des travaux ciblés permettent d'atteindre D ou mieux.

La réforme DPE 2026 repousse-t-elle le calendrier des interdictions de location ?

Non. Les dates d'interdiction (G en 2025, F en 2028, E en 2034) sont fixées par la loi Climat & Résilience du 22 août 2021 et ne sont pas modifiées par la réforme du coefficient. Certains logements électriques pourront simplement changer de classe et donc de date limite, à condition de refaire leur DPE.

Quel est le coût d'un DPE refait après janvier 2026 et combien de temps faut-il prévoir ?

Le tarif marché se situe entre **100 et 250 €** selon la zone géographique et le diagnostiqueur. La visite dure généralement une demi-journée ; le document final est remis sous 2 à 5 jours ouvrés. Le DPE est valable 10 ans à compter de sa date d'édition.