Diag Malin
Illustration : Diagnostics périmés le jour de la signature : que se passe-t-il ?

Diagnostics périmés le jour de la signature : que se passe-t-il ?

Compromis signé, acte authentique repoussé : état des risques, termites ou diagnostic gaz expirés. Qui refait, qui paie, ce qu'exige le notaire.

Mis à jour le 11 octobre 2026 · Rédaction Diag Malin

La réponse en 30 secondes Mis à jour le 11 octobre 2026

Un diagnostic périmé entre le compromis et l’acte authentique doit être refusé par le notaire, qui reporte la signature tant qu’il n’est pas refait. Les diagnostics à durée courte sont les plus exposés : état des risques naturels et technologiques (6 mois), état relatif à la présence de termites (6 mois), diagnostic gaz et électricité (3 ans en vente). Le vendeur reste responsable du dossier de diagnostic technique (DDT) à jour au titre de l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation, et doit en principe financer le renouvellement. Le DPE (10 ans), l’amiante et le plomb négatifs (illimités) sont rarement concernés sur un délai de 3 à 4 mois. La solution : commander les diagnostics courts au plus près de la date d’acte prévue, pas à la date du compromis.

Pourquoi un diagnostic valide au compromis peut-il être périmé à l’acte authentique ?

Parce que le délai entre les deux signatures n’a rien d’instantané. Entre la signature du compromis (ou promesse de vente) et la réitération devant notaire, il s’écoule en moyenne 3 à 4 mois, le temps que l’acquéreur obtienne son financement, que les diagnostics urbanistiques soient purgés (droit de préemption, purge des conditions suspensives) et que le notaire réunisse les pièces. Pour un diagnostic valable 10 ans comme le DPE, ce délai ne pose quasiment jamais de problème. Mais pour les diagnostics à validité courte, inférieure à un an, le risque est réel si le diagnostic a été réalisé tôt, par exemple avant la mise en vente ou plusieurs semaines avant le compromis.

Le dossier de diagnostic technique (DDT), défini par l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation, doit être annexé “lors de la signature de l’acte authentique de vente” et pas seulement au compromis. C’est l’article R271-5 du même code qui précise, diagnostic par diagnostic, la durée de validité exigée. Un diagnostic valide au compromis mais expiré à l’acte n’est juridiquement plus opposable : il doit être refait, ou l’acte ne peut pas être signé en toute sécurité.

Quels diagnostics risquent réellement d’expirer entre les deux signatures ?

Trois diagnostics ont une durée de validité inférieure à un an et concentrent presque tout le risque pratique.

DiagnosticDurée de validité en venteRisque sur un délai compromis/acte de 3 à 4 mois
État des risques et pollutions (ERP)6 moisÉlevé si réalisé plus de 2 mois avant le compromis
État relatif à la présence de termites6 mois (zones à arrêté préfectoral)Élevé, surtout si délai d’acte allongé
Diagnostic gaz (installations de plus de 15 ans)3 ansFaible, sauf vente longue ou diagnostic déjà ancien
Diagnostic électricité (installations de plus de 15 ans)3 ansFaible, même logique que le gaz
DPE10 ansQuasi nul
Amiante (résultat négatif)IllimitéeNul
Plomb / CREP (résultat négatif)IllimitéeNul
Loi Carrez (surface)Illimitée sauf travaux modifiant la surfaceNul

L’état des risques et le diagnostic termites sont donc les deux points de vigilance réels. Pour le détail complet des durées par type de diagnostic, voir la validité des diagnostics immobiliers par type.

L’état des risques périmé à l’acte : que doit faire le vendeur ?

Il doit faire établir un nouvel état des risques naturels, miniers et technologiques (ERP) daté de moins de 6 mois avant la signature de l’acte authentique. Ce document, gratuit à produire par le vendeur lui-même à partir des données de la préfecture mais souvent confié à un diagnostiqueur dans le cadre du DDT global, n’a pas de coût de diagnostic dédié élevé : il s’agit d’un document déclaratif basé sur l’arrêté préfectoral et le zonage sismique, radon et argiles en vigueur à la date de l’acte. Le notaire exige systématiquement sa mise à jour si le délai de 6 mois est dépassé, car l’ERP conditionne l’information de l’acquéreur sur des risques qui peuvent évoluer (nouveau zonage sismique, nouvel arrêté de catastrophe naturelle). Le détail de la procédure et des zonages concernés est développé dans l’état des risques, mode d’emploi.

Le diagnostic termites a expiré, qui le refait et à quel coût ?

C’est au vendeur de faire réaliser un nouveau diagnostic termites si le précédent dépasse 6 mois à la date de l’acte, dans les communes couvertes par un arrêté préfectoral (une large partie du territoire, notamment le sud et l’ouest de la France). Le coût d’un diagnostic termites seul se situe généralement dans une fourchette de 100 à 150 euros selon la surface et la zone géographique ; en pratique, il est le plus souvent commandé en même temps que d’autres diagnostics dans un pack, ce qui réduit le surcoût du renouvellement isolé. L’enjeu n’est pas seulement administratif : un diagnostic termites expiré prive le vendeur de la présomption de bonne foi sur l’absence d’infestation connue, et peut ouvrir la voie à une action de l’acheteur en garantie des vices cachés si une infestation est découverte après la vente.

Le diagnostic gaz ou électricité peut-il expirer avant l’acte ?

C’est possible, mais rare, car leur durée de validité en vente est de 3 ans pour les installations de plus de 15 ans. Le cas se présente surtout quand le diagnostic avait déjà été réalisé un ou deux ans avant la mise en vente, ou quand le processus de vente s’étire sur plusieurs mois (succession bloquée, financement long, copropriété en difficulté). Si le diagnostic franchit le seuil des 3 ans entre le compromis et l’acte, il doit être refait intégralement, pas seulement mis à jour, car il s’agit d’un contrôle technique complet de l’installation intérieure. Les tarifs et le détail des points de contrôle sont présentés dans le diagnostic gaz et électricité en vente.

Qui paie le renouvellement d’un diagnostic périmé entre compromis et acte ?

Par défaut, c’est le vendeur, parce que l’obligation de fournir un DDT complet et à jour lui est imputée par l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation : c’est lui qui doit garantir à l’acquéreur un dossier conforme au jour de la signature définitive, pas seulement au jour du compromis. Rien n’empêche cependant les parties de prévoir une clause contraire dans le compromis, par exemple un partage du coût si le retard de signature est imputable à l’acquéreur (délai de financement anormalement long). En l’absence de clause expresse, le principe par défaut reste la prise en charge par le vendeur, qui reste le débiteur légal de l’obligation d’information.

Exemple type (cas fictif à titre d’illustration) : un couple de 48 et 51 ans, propriétaire d’une maison de 1975 à Tours, signe un compromis en avril avec un état des risques daté de février et un diagnostic termites daté de janvier. L’acte authentique, initialement prévu en juillet, est repoussé à octobre faute de levée d’une hypothèque. À la date de l’acte, l’état des risques (6 mois) et le diagnostic termites (6 mois) sont tous deux expirés depuis plusieurs semaines. Le notaire exige leur renouvellement avant de dresser l’acte ; les deux diagnostics, commandés en urgence, coûtent environ 180 euros supplémentaires, intégralement à la charge du vendeur en l’absence de clause contraire dans le compromis.

Que vérifie exactement le notaire avant de dresser l’acte authentique ?

Le notaire contrôle la date de chaque diagnostic composant le DDT au regard de sa durée de validité réglementaire, fixée diagnostic par diagnostic par l’article R271-5 du Code de la construction et de l’habitation, en se référant à la date prévue de signature et non à la date du compromis. S’il constate qu’un diagnostic à durée courte (ERP, termites) sera expiré ou l’est déjà, il demande au vendeur de le faire renouveler avant de pouvoir dresser l’acte, car un DDT incomplet ou non conforme à la date de l’acte expose la vente à une contestation ultérieure. Pour les diagnostics à durée longue ou illimitée (DPE, amiante, plomb négatif, Carrez), le notaire ne demande en général aucune mise à jour, sauf élément nouveau porté à sa connaissance (travaux modifiant la surface, par exemple).

Comment caler la commande des diagnostics sur la date d’acte réelle ?

La bonne pratique consiste à ne pas commander les diagnostics à durée courte en même temps que les diagnostics à durée longue, mais à décaler leur réalisation le plus près possible de la date d’acte authentique effective.

  1. Dès le compromis signé, demander au notaire une fourchette réaliste de date de signature de l’acte authentique, en tenant compte des délais de financement et des éventuelles purges de droit de préemption.
  2. Faire réaliser immédiatement les diagnostics à durée longue ou illimitée (DPE, amiante, plomb, Carrez, gaz et électricité si l’installation a moins de 3 ans de marge) puisqu’ils ne risquent pas d’expirer avant l’acte.
  3. Attendre que la date d’acte soit confirmée à 4 à 6 semaines près avant de commander l’état des risques et, si applicable selon la zone, le diagnostic termites, pour que leur validité de 6 mois couvre bien le jour de la signature définitive.
  4. En cas de report de la date d’acte en cours de procédure, informer le diagnostiqueur et le notaire sans attendre la date butoir, pour programmer un renouvellement avant la rupture de validité plutôt qu’après.
  5. Conserver une marge de sécurité d’au moins 3 à 4 semaines entre la date de validité limite d’un diagnostic court et la date d’acte prévue, pour absorber un nouveau report sans refaire une seconde fois le même diagnostic.

Cette anticipation évite le scénario le plus coûteux : un diagnostic refait en urgence, parfois dans des délais serrés qui majorent le tarif, et un report de signature qui complique la coordination entre vendeur, acquéreur, prêteur et notaire. Le seul diagnostic qu’il est presque toujours inutile de reporter est le DPE, dont la durée de 10 ans couvre très largement tout délai de vente classique.

Sources

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Questions fréquentes

Le DPE peut-il expirer entre le compromis et l'acte authentique ?

Oui en théorie, mais c'est rare : le DPE est valable 10 ans depuis le 1er juillet 2021 (ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré au plus tard le 31 décembre 2024). Sur un délai de 3 à 4 mois entre compromis et acte, le DPE n'arrive presque jamais à échéance, sauf s'il était déjà proche de sa limite au moment du compromis.

Qui doit payer le renouvellement d'un diagnostic expiré avant l'acte ?

En principe le vendeur, car l'obligation de fournir un dossier de diagnostic technique (DDT) complet et à jour lui incombe au titre de l'article L271-4 du Code de la construction et de l'habitation. Le compromis peut toutefois prévoir une répartition différente, à vérifier clause par clause.

Le notaire peut-il refuser de signer si un diagnostic est périmé ?

Oui. Le notaire vérifie la validité du DDT à la date de signature de l'acte authentique et peut reporter la réitération tant que les diagnostics obligatoires ne sont pas à jour, en particulier pour l'état des risques (6 mois) et les termites (6 mois).

L'acheteur peut-il annuler la vente si un diagnostic périmé n'est pas refait ?

L'acheteur ne peut pas annuler automatiquement, mais il peut refuser de signer tant que le DDT n'est pas conforme, et conserver un recours en garantie des vices cachés si un risque non signalé se révèle après la vente faute de diagnostic valide.

Comment éviter ce problème pour une prochaine vente ?

Caler la commande des diagnostics à durée courte (état des risques, termites) le plus près possible de la date d'acte authentique prévue, et non à la date du compromis, en demandant au notaire une fourchette de date de signature avant de solliciter le diagnostiqueur.